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Patrice ELMER

Translucences

2016 -2020

Art numérique

©patrice elmer
 

Ce site présente une sélection des oeuvres créées ces dernières années

En exergue, je voudrais rappeler cette réflexion de Jean Baudrillard sur l’oeuvre d’art :

"Faire surgir l’objet, voilà qui est plus important que le faire signifier."

Jean Baudrillard - 1987, dans la préface de l'exposition de Matton au Palais de Tokyo.

   Le monde de l'art exige trop souvent que "l'artiste" tienne  un "discours" sur son "oeuvre", je préfère quand à moi m'en tenir à une explication très simple:

je crée pour continuer à être.

    Mes oeuvres sont avant tout tridimensionnelles, volumiques, spatiales, je peux les regarder, vous les montrer, sous une infinité de points de vue différents.  Il ne s’agit donc pas de peintures, encore moins de photographies figées, je me  sens plus proche d'une démarche de sculpteur puisque je travaille des objets que je place dans un espace onirique.

    La puissance de l’ordinateur, la grande variété de logiciels et leurs interactions me permettent de déformer, étirer, percer, tordre des volumes basiques tels que le cube, le cylindre, le prisme, la sphère. La matière choisie pour les « rendus » est primitivement l’air de l’espace qui entoure les objets et tout ce qui peut être transparent ou translucide, l’eau, le verre, le cristal, la glace. Mais tout cela ne serait rien sans mon principal outil, l’effet Fresnel qui va me permettre de jouer avec la réflection-réfraction de la lumière, naturelle ou artificielle, colorée ou non, sur et à travers ces objets.

    L’art numérique détourne les fonctions utilitaires premières de l’ordinateur, l’oeuvre créée par cet usage imprévu de la machine porte le message de mon intention d’aller au delà du réel.

La création d’une oeuvre d’art numérique ne s’oppose pas à la peinture traditionnelle, elle vient en complément et s’y réfère par les même opérations mentales et plastiques. Elle se confronte aux mêmes problématiques de choix et de prise de risque, aux mêmes incertitudes, aux mêmes extases et aux mêmes amères déceptions. Mais comme John Cage le disait, « Si nous n’allons pas aux extrêmes nous n’iront nulle part »

Pascale Herschbach - L'Eclipse de la peinture - Thèse de doctorat en Histoire Théorie et Pratique des Arts - Strasbourg 2001